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Bienvenue sur Fiction Thérapie !
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Pourquoi et comment la fiction peut vraiment être thérapeutique
Flashback
Il y a quelques temps, pendant un atelier d’écriture, notre animatrice, Ariane, nous a proposé un exercice : un psy écrit une lettre à un confrère à propos de notre héros. Intéressant… Sauf que mon personnage, Victor, est un anti-héros total, un vrai looser. Ça m’inspire : le psy fictif se lance dans une diatribe contre Victor, critiquant son absence de volonté et sa fâcheuse tendance à procrastiner. Je lis mon texte, les autres rient, et Ariane me lance : « Comment s’appelle ce psy ? Juste pour être sûre de ne jamais le consulter ! »
Je jubile… Jusqu’à ce que je relise mon texte quelques jours plus tard. Et là, je reçois un claque en pleine figure : ce psy qui démolit Victor, c’est moi qui me critique moi-même. Ce que je lui fais subir, c’est ce que je m’inflige intérieurement en boucle. Cette petite voix qui ne rate jamais une occasion de me rappeler mes échecs : « Tu vois, c’est encore raté… tu es de nouveau en retard… tu n’es pas venue au bout de ce projet… »
J’en suis restée ébranlée pendant plusieurs jours. Puis, je me suis demandé comment utiliser ça pour transformer mon ambiance intérieure.

Et si la fiction était plus qu’un passe-temps ?
Après quelques jours à ruminer cette prise de conscience, j’ai décidé de l’utiliser autrement. Parce qu’au fond, la fiction, ce n’est pas seulement un hobby où on s’amuse à inventer des histoires pour divertir les autres. C’est un véritable terrain de jeu pour explorer nos rêves, nos blessures, nos fantasmes… et les aspects les plus sombre de notre personnalité.
Nos personnages, qu’on le veuille ou non, deviennent des réceptacles de tout ce qu’on porte en nous : les douleurs qu’on n’ose pas affronter, les situations qu’on aurait aimé gérer différemment, ou les émotions qu’on préfère refouler. On les met à l’épreuve, on les regarde galérer, réussir, tomber… Et ces péripéties sont potentiellement source de prises de conscience pour nous, créateur de ce personnage.
Fiction Thérapie : écrire pour se comprendre (et se libérer)
C’est là que ça devient intéressant. Parce qu’en écrivant, nous transposons nos expériences sur nos personnages. Nous distillons nos doutes, nos douleurs, nos espoirs dans leurs histoires. Et ce faisant, nous les regardons sous un autre angle, avec plus de recul. Un peu comme si nous nous racontions notre propre histoire… mais différemment.
Beaucoup d’auteurs ont utilisé la fiction comme exutoire. Douglas Kennedy, par exemple, dont les héros trimballent des enfances bancales, des amours compliquées et des décisions qui changent la vie en un instant et pas toujours en positif. J.K. Rowling, elle, a imaginé les Détraqueurs comme une matérialisation de sa dépression.
Ça prouve bien que la fiction n’est pas juste un moyen de raconter des histoires. C’est aussi une façon d’exorciser nos peurs et de transformer nos blessures en quelque chose de tangible, d’écrit, de maîtrisé.
Écrire, c’est projeter une partie de soi (même sans s’en rendre compte)
Prenons un personnage qui nous fascine. Pourquoi nous parle-t-il autant ? Parce qu’il résonne avec une part de nous-même. Peut-être incarne-t-il une peur, un désir inavoué, ou un aspect de nous que nous aimerions explorer.
Exercice rapide : pensez à un de vos personnages préférés. Maintenant, posez-vous la question : “Qu’est-ce qui fait que je me reconnais en lui ?” Spoiler alert : la réponse en dit souvent plus sur vous que sur le personnage.
Et si nous poussions l’expérience un peu plus loin ? Imaginez une scène où un personnage affronte une émotion forte : colère, peur, tristesse… Écrivez ce qu’il ressent, ce qu’il pense, comment il réagit. Une fois terminé, relisez-vous. N’avez-vous pas, d’une certaine façon, écrit un bout de vous-même?
Réécrire son histoire (et s’en libérer)
Un des aspects les plus puissants de la fiction, c’est qu’elle nous permet de revisiter des moments difficiles et de leur donner une autre couleur. Parce qu’en fiction, tout est possible.
Vous avez vécu une rupture compliquée ? Écrivez un personnage qui traverse la même chose, mais qui gère autrement. Imaginez un héros qui, à un moment crucial, fait le choix que vous, vous n’avez pas fait. Que se passe-t-il ensuite ? Peut-être que ça vous donnera un éclairage nouveau sur votre propre vécu.
Certains auteurs l’ont fait de manière flagrante. Eliette Abécassis a écrit plusieurs romans dont la base de l’intrigue est un divorce. Je ne suis pas dans sa tête, mais je ne serais pas étonnée qu’elle ait utilisé sa propre expérience comme matériau pour ses livres. Et nous connaissons tous des romans où l’auteur a glissé des morceaux de sa vie sans forcément le dire.
Écrire, c’est une forme de réappropriation de notre histoire. Ce n’est pas la nier, ni la fuir. C’est la transformer. Et, quelque part, c’est déjà une forme de guérison.
Et si on commençait maintenant ?
Alors si vous avez déjà ressenti une émotion lourde, une douleur qui vous hante un peu trop, un blocage, pourquoi ne pas en « faire toute une histoire” ? Sans pression, sans obligation de résultat. Juste pour voir ce que ça donne.
Prenez un personnage. Faites-lui vivre un problème similaire au vôtre. Observez comment il réagit. Expérimentez. Jouez avec les scénarios possibles. Et surtout, amusez-vous.
Parce que la fiction, c’est ça aussi : un espace de liberté où tout est permis. Où nous pouvons affronter nos peurs sans risque. Et où, parfois, nous nous découvrons sous un jour que nous n’avions jamais envisagé.
Alors, prêt à tenter l’expérience ?