Défi 101 jours

3 techniques pour creuser la culpabilité en fiction (et en soi)

Dans cet article
  1. Défi 101 jours – Jour 14
  2. 🖋️La fiction, miroir de soi
  3. 🧠 Les croyances limitantes : ces fantômes qui hantent nos récits
  4. ✍️ 3 techniques pour creuser la culpabilité en fiction (et en soi)
    1. 1️⃣ L’interview du personnage : lui donner la parole
    2. 2️⃣ La méthode des “et alors ?” : aller jusqu’au bout
    3. 3️⃣ La réécriture alternative : casser la boucle
  5. 💡 L’écriture, ce terrain d’exploration intérieure

Défi 101 jours – Jour 14

« Si seulement elle avait été plus attentive… Comment avait-elle pu se tromper à ce point et confondre Oliver avec cet inconnu ? Mais tout était tellement compliqué à cette époque. Elle était seule avec les enfants. Oliver n’aurait pas dû partir en solo faire cette randonnée. Même s’ils étaient séparés, il aurait dû être à proximité. C’était dur de gérer les enfants toute seule. Elle oubliait parfois que c’est elle qui avait voulu cette séparation. C’est sans doute ça qui avait éloigné Oliver. Et à cause d’elle, en partie, les enfants n’avaient pas beaucoup connu leur père. Surtout Lucy qui était si petite à son décès, et qui maintenant adulte, le cherchait encore toujours. Et elle avait fini par le trouver.

Maintenant, elle, Daisy, devait vivre avec l’idée qu’ils avaient fait leur deuil sur un mensonge. Jamais elle ne se le pardonnerait.

Mais ce corps et ce visage tout boursoufflé ne ressemblaient à rien ni à personne. Ce pouvait être Oliver ou n’importe quel homme aux cheveux noirs. Et la fracture du tibia, c’était une coïncidence tellement improbable. Le regarder ne fût-ce qu’une seule seconde avait été la chose la plus atroce de sa vie et elle voulait en finir. Elle voulait garder une image vivante de son mari. Même si elle ne l’aimait plus, il était quand même le père de ses enfants. Pauvres enfants orphelins avant l’heure.

Tout faire trop vite… Elle avait fait l’amour trop vite, s’était retrouvé enceinte tout aussi vite, mariée presque sans s’en rendre compte, parce qu’il fallait respecter les convenances qu’elle avait outragées. Et trois enfants avaient suivi, tellement vite aussi. Et encore plus vite, elle n’en pouvait plus de cette vie et avait voulu se séparer.

Reconnaître le corps, c’était aussi dans l’urgence qu’elle l’avait fait. Quel désastre vingt-cinq and après. Lucy qui voulait tout savoir. Olivia au bord de l’hystérie. Les garçons, elle ne savait pas trop, et tant mieux. Mais c’était un nouveau deuil à faire malgré tout et puis, ne pas savoir ce qui était arrivé exactement la minait de nouveau. »

🖋️La fiction, miroir de soi

Quand on écrit, on croit souvent créer des histoires extérieures à nous. Pourtant, parfois, entre deux lignes, nos récits nous échappent et révèlent bien plus que ce qu’on pensait y mettre. Les émotions brutes, les blessures cachées et nos croyances profondes s’infiltrent dans le texte sans prévenir.

C’est ça, le pouvoir de l’écriture. En fiction, chaque mot dévoile une partie de l’inconscient. C’est ce que Daisy, personnage tourmenté par une erreur du passé, incarne parfaitement : une culpabilité qui va bien au-delà du simple drame familial.

Ici, je vous propose de décortiquer ce processus. De comprendre comment la fiction devient une passerelle vers nos croyances profondes. De creuser sous la surface, pour chercher le “pourquoi” derrière le “comment”.

🧠 Les croyances limitantes : ces fantômes qui hantent nos récits

Si vous avez déjà eu l’impression que vos personnages vivaient plus qu’un simple scénario, c’est probablement qu’ils portent vos propres doutes, peurs ou croyances. En psychologie, on parle de croyances limitantes : ces idées ancrées en nous qui façonnent nos émotions et nos comportements.

Daisy incarne une croyance universelle :
“Si je fais une erreur, je suis irrémédiablement coupable.”

Cette idée guide ses actions, ses regrets, et son incapacité à faire la paix avec le passé. Et la beauté du récit, c’est que cette croyance n’a même pas besoin d’être nommée pour exister. Elle s’infiltre subtilement dans chaque ligne.

💡 Astuce : Quand vous sentez qu’un personnage “plombe” l’ambiance ou reste coincé dans une émotion, demandez-vous : “Quelle croyance le retient ici ?” C’est souvent là que se cache le cœur du conflit.

✍️ 3 techniques pour creuser la culpabilité en fiction (et en soi)

Quel est le sens de ce que nous écrivons? Creuser les émotions des personnages, c’est aussi creuser les nôtres. Voici trois techniques simples, mais puissantes.

1️⃣ L’interview du personnage : lui donner la parole

Plutôt que d’imaginer ce que pense votre personnage, laissez-le vous le dire. Oui, littéralement. Posez-lui ces questions :

  • De quoi as-tu le plus honte ?
  • Qu’est-ce que tu caches aux autres ?
  • Si tu pouvais effacer une seule chose de ton passé, ce serait quoi ?

👉 Pourquoi c’est puissant ? Parce que parfois, vos personnages savent des choses que vous ignorez encore. Et ce qu’ils révèlent vous étonnera sûrement.

2️⃣ La méthode des “et alors ?” : aller jusqu’au bout

C’est un peu comme tirer un fil et voir jusqu’où il va. Prenez une croyance ou une émotion et poussez-la à l’extrême :

  • “Daisy se sent responsable de la disparition d’Oliver.”
    Et alors ? Elle pense avoir ruiné la vie de ses enfants.
    Et alors ? Elle se croit indigne de pardon.
    Et alors ? Elle se condamne à porter ce fardeau seule.

👉 Pourquoi c’est utile ? Parce que souvent, la douleur d’un personnage ne vient pas de l’événement lui-même, mais de la conclusion qu’il en a tirée.

3️⃣ La réécriture alternative : casser la boucle

Vous voulez voir ce que votre histoire pourrait devenir si la croyance centrale changeait ? Réécrivez la scène clé, mais en modifiant le prisme émotionnel.

  • Et si Daisy croyait qu’elle avait fait de son mieux, au lieu de se blâmer ?
  • Et si, plutôt que de porter seule la culpabilité, elle osait la partager ?

👉 Pourquoi c’est libérateur ? Parce que ça vous permet d’explorer des issues que vous n’aviez peut-être même pas envisagées.

💡 L’écriture, ce terrain d’exploration intérieure

L’écriture permet de capturer l’invisible à travers les émotions. En creusant la culpabilité de vos personnages, vous touchez souvent vos propres fragilités. Et c’est là que réside la vraie puissance créative.

Ne vous arrêtez pas à ce que vous avez écrit. Demandez-vous pourquoi vous l’avez écrit et pourquoi avec ces mots. Pourquoi ce personnage porte-t-il cette douleur ? Pourquoi ce thème vous obsède-t-il autant ?

En répondant à ces questions, vous écrivez de meilleures histoires. Mais surtout, vous vous découvrez un peu plus vous-même. Alors, prêt à tenter l’expérience? 🤓

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