Pourquoi un défi de 101 jours d’écriture?
Écrire 400 mots par jour et explorer ses émotions à travers des personnages de roman
« Ne vous attendez pas à ce que la muse vienne à vous. Comme je l’ai dit, c’est un gars coriace qui n’est pas enclin à beaucoup de flottements créatifs. Ce n’est pas de la planchette Ouija ou du monde des esprits dont nous parlons ici, mais juste un autre travail comme poser des tuyaux ou conduire des camions longue distance. Votre travail est de vous assurer que la muse sache où vous allez être chaque jour de neuf heures à midi, ou de sept heures à trois. S’il le sait, je vous assure que tôt ou tard, il commencera à se montrer. »
C’est ce que Stephen King écrit dans son ouvrage « Écriture : Mémoires d’un métier ».

Écrire, oui…
Quoi de plus passionnant que plonger dans les histoires qui nous habitent, leur donner forme et les voir se dessiner devant nous ? Quoi de plus intéressant que voir ce qu’elles dévoilent de nous, que nous l’ayons voulu ou non, parce que nous avons créé un personnage qui n’a riiiieeeeeen à voir avec nous ? Et pourtant, à la relecture, parfois une vérité de nous-même nous saute aux yeux.
Ça fait quelques années que je participe à des ateliers d’écriture, pour enfin arriver au bout de toutes mes idées de roman. En atelier, bien entourée, l’inspiration est au rendez-vous et la procrastination n’existe pas. On est tous là pour ça et donc, une fois la consigne envoyée, les idées fusent, les plumes gratouillent sur le papier, les touches cliquètent sur les claviers et le résultat est quasi toujours à la hauteur de nos ambitions.
Mais…
De retour chez nous, le quotidien reprend ses droits avec son lot d’obligations. À moins que ce ne soit Netflix qui se tienne là, comme un enfant en mal d’attention qui hurle « Regarde-moi, regarde-moooiiii ! » Même si nous adorons nos héros, prendre la plume n’est souvent pas le plus urgent et à la fin d’une longue journée, ça demande un effort. Tout comme quitter la tiédeur de la couette un peu plus tôt le matin pour nous adonner à notre passion.
Je dis « nous », parce que je ne suis pas la seule à vivre ce tiraillement entre obligations et loisirs, entre action et procrastination. Et comme il n’est pas toujours possible de se retrouver pour un atelier ou tout simplement à plusieurs pour travailler chacun sur nos projets, je me lance le défi de prendre rendez-vous avec moi-même, tous les jours, pour avancer plus vite et voir les choses se concrétiser.
Le projet du moment
Mon projet du moment, c’est un roman, une sombre histoire de squelette et de secrets de famille. J’ai mis en scène des personnages qui ne sont pas moi, ni même des personnes de ma famille, ils vivent des choses qui ne me sont pas arrivées, mais qui s’inspirent de ma vie, de ce qui est terré au fond de moi et que je veux déposer, pour faire la paix avec certaines de mes émotions. Tout en créant ces personnages, qui finissent par vivre leur vie un peu malgré moi, je découvre des tendances, des choses qui reviennent, qui m’interrogent et qui me révèlent des aspects de moi dont je n’ai pas toujours conscience. C’est mon polar intérieur en quelque sorte.
Ce roman avance bien, mais j’ai décidé d’accélérer la cadence et surtout d’écrire un peu tous les jours. J’y passe parfois plusieurs heures d’affilée, mais ce n’est pas jouable au quotidien. En revanche, écrire vingt ou trente minutes, c’est faisable. C’est le temps qu’il faut pour rédiger entre 350 et 400 mots. À peu près une page et demi de roman, format Poche, dans une police de caractère « normale ».
Le défi :
Pendant les 101 jours à venir, écrire ces 400 mots. Pas nécessairement la suite du roman, mais faire vivre à mes personnages des émotions auxquelles je n’avais pas pensé initialement (j’ai demandé une petite liste à ChatGPT). Ce ne sera pas forcément ce que j’avais imaginé pour la suite de l’action, mais je ne doute pas que ça enrichira leur vécu et la réalité de leur existence.
L’idée c’est donc de mettre en place une pratique quotidienne, mais aussi d’observer ce que j’écris et d’observer ce que ça me fait et ce que ça dit de moi. Pas dans une perspective narcissique, mais pour mieux comprendre mes schémas inconscients. On verra après ce que j’en ferai. Parce que le verbe est créateur et que je crois profondément que l’on peut modifier le cours de notre vie au départ d’une idée posée sur papier.
Pourquoi 101 jours ?
Pour ne pas dire 100 ! Et parce que c’est une durée suffisamment longue pour mettre en place une habitude et pour mettre un peu de piquant dans ma vie ! Je vous raconterai tout ça dans un court article quotidien, comme un journal d’écriture. On est partis jusqu’au 15 mai… Que l’aventure commence !
2 commentaires
Gaelle Dobignard
Défi inspirant et qui donne envie d’être suivi pour en apprendre davantage sur ta technique 👍🏼
Caroline
Merci encore, ça me touche beaucoup!😊